( 9 septembre, 2012 )

Parmi ses nombreux miracles: sa connaissance de ce que pensent les gens

Parmi ses nombreux miracles: sa connaissance de ce que pensent les gens dans Qui est l'imam Reza ? imam-shia-islam-28008928-288-249
  • Il est rapporté d’Ahmed fils de Mohammed fils d’Abû Nasr al-Bizanti qui raconte : « Je doutais d’Abû-l-Hassan ar-Ridâ (p), alors je lui écrivis une lettre lui demandant l’autorisation de le voir. Je lui avais dissimulé mon intention de l’interroger sur trois versets sur lesquels mon coeur accrochait, en allant chez lui. La réponse à ce que je lui avais écrit me parvint : « Que Dieu nous accorde la santé/salut ainsi qu’à vous. A propos de ta demande de l’autorisation  de me voir, cela est difficile car ceux-là (les dirigeants Abbassides d’alors) m’en empêchent. Aussi je ne peux le faire à l’heure actuelle. Cela sera, avec la Volonté de Dieu. » Puis, il (p) m’avais écris les réponses de ce sur quoi je voulais l’interroger à propos des trois versets du Livre (le Coran). Par Dieu ! je ne lui avais pas évoqué mes questions. Aussi, je fus étonné de les voir évoquées. En fait, je n’ai su que c’était la réponse (à mes questions) que plus tard et je suis resté sur le sens qu’il (p) m’avait indiqué par écrit. »
  • Il est rapporté de Rayyân fils d’as-Salt : « Quand je voulus me rendre en Iraq, je décidais de faire mes adieux (à l’Imam ar-Ridâ (p)) et me dis en moi-même que quand je lui ferais mes adieux, je lui demanderais une chemise des vêtements de son corps pour m’en faire un linceul et des dirhams de ses biens pour faire des bagues à mes filles. Quand je lui fis mes adieux, j’étais occupé à pleurer et à regretter de le quitter et (j’oubliais) de les lui demander. Après que je l’eus quitté, il (p) m’appela et me demanda de revenir. je revins. Il (p) me dit : « Aimerais-tu que je te donne une chemise des vêtements de mon corps qui te servira de linceul quand viendra ton terme Aimerais-tu recevoir de mes dirhams pour faire des bagues à tes filles ? » Je lui dis : « Ô mon maître ! Je pensais te le demander, mais la tristesse de te quitter m’en avais empêché. » Il (p)  souleva le coussin et en sortit une chemise et me la remit. Il souleva un coin de son tapis de prière et en tira des dirhams qu’il(p) me remit. Je les comptai. Il y en avais trente. » Et selon une autre version de ce propos, il est précisé que les dirhams étaient frappés à l’éffigie de l’Imam ar-Ridâ(p). »
  • Il est rapporté de Mohamed fils de Fadl qui raconte : « Je suis rentré chez Abu-l-hassan ar-Ridâ(p) et l’interrogeai sur un certain nombre de choses. Je voulais l’interroger sur l’arme du Messager de Dieu (s) et j’oubliai. J’étais sorti de chez lui et me trouvais chez Hassan fils de Bashîr quand arriva son serviteur avec un mot de lui(p) sur lequel il était écrit : « Par la (grâce) du Nom de Dieu, le Tout-Puissant, le Tout-Miséricordieux. je suis du rang de mon Père, son héritier et se trouve chez moi ce qui se trouvait chez lui. »
(extrait tiré de l’ouvrage intitulé « L’Imam ‘Ali ar-Ridâ (p) L’Etranger de Tûs » p258-259, paru aux éditions B.A.A.)
( 8 septembre, 2012 )

Les tribunes publiques de l’Imam Reza (p): controverses avec les savants religieux de toutes confessions

En nommant l’Imam Reza (p) comme son héritier présomptif, al-Ma’mûn lui offrit une tribune publique d’une importance en terme d’influence sans précédent qui lui permit d’affirmer son Imamat devant toute la nation islamique et de propager ainsi très rapidement et à grande échelle les véritables enseignements islamiques. 

DEBAT THEOLOGIQUE Imam Ali Reza(as) partie 1

http://www.dailymotion.com/video/x1r3nk

 

DEBAT THEOLOGIQUE Imam Ali Reza(as) partie 2

http://www.dailymotion.com/video/x1r31k

 

( 7 septembre, 2012 )

Les 14 Infaillibles (bénis soient-ils)

Les

Après le départ du Messager de Dieu, certains hommes ont réussi à atteindre un très haut niveau d’honnêteté, de pureté, d’intelligence, de piété, ainsi que de spiritualité, à tel point qu’ils ont su interpréter les révélations du Prophète, préserver le Message de l’Islam, guider la société islamique vers le droit chemin. Ces hommes sont les Imams de la Famille du Prophète (Ahl al-Bayt), les Gens de la Maison du Prophète, sa famille qui est libre de l’erreur et du péché, car Dieu l’a purifiée de toute souillure : «Dieu veut seulement éloigner de vous la souillure et vous purifier totalement, Ô vous les Gens de la Maison» [Coran 33, 33], elle est ainsi Infaillible.

Quiconque la suit ne tombera pas dans l’erreur et atteindra le vrai bonheur, le Prophète a dit : «Ma Famille est comme l’arche de Noé ; quiconque y prend place sera sauvé, quiconque s’en détourne sera noyé».

Il faut préciser que, par «Famille du Prophète» ou Ahl al-Bayt ou « Infaillibles », ne sont pas désignés tous les descendants du Prophète, mais, seulement, les descendants directs, ceux qui sont accomplis dans les sciences religieuses et protégés contre le péché et l’erreur, en sorte qu’ils sont qualifiés, pour guider et diriger les hommes.

Ces personnes sont Alî Ibn Abî Tâlib et ses onze descendants qui furent choisis, l’un après l’autre, en vue d’assumer l’Imamat. Or, par « Infaillibles », on désigne, non seulement, les douze Imams de la Famille du Prophète, mais aussi le Prophète et Fâtima.

 Cela dit, parler des « Infaillibles », c’est, non seulement, prendre exemple de leur engagement à défendre l’Islam, à le vivre, mais, surtout, c’est parler d’une méthode d’enseignement, d’une ligne de pensée, d’un cheminement politique ou bien encore d’une école visant à faire comprendre l’Islam.

Nul doute, que les « Infaillibles » ont constitué un mouvement historique et une force motrice, dans l’histoire de l’Islam, et ont été, également, à l’origine de bouleversements sociaux grandioses.

C’est pourquoi, il est des plus appropriés de prendre connaissance du cheminement des « Infaillibles » et d’essayer d’embrasser les caractéristiques de leur école.

Source : http://french.irib.ir/radioislam/les-infaillibles/item/78284-les-infaillibles-b%C3%A9nis-soient-ils

 

fichier pdf ARBRE GENEALOGIQUE 14 INFAILLIBLES

Les 14 Infaillibles (bénis soient-ils) dans Qui est l'imam Reza ? image-14-infaillibles1

Tableau 14 infaillibles

fichier pdf 14 Infaillibles

Ahl-ul-beit-300x206 dans Qui est l'imam Reza ?

 

( 5 septembre, 2012 )

Quarante Paroles de l’Imam Reza (p)

Quarante Paroles de l'Imam Reza (p) dans Ses paroles de sagesse ALLAH-273x300

Tous ses actes doivent se porter sur la Sounnah d’Allah, la Sounnah du Saint Prophète(SAWA) et la Sounnah de l’Imam(AS).

1° ) Celui qui compare Dieu à l’image de sa créature est un idolâtre et celui qui définit Dieu par tout ce qui est prohibé devient mécréant.

2°) L’Imân ou la foi est d’un degré plus haut que l’Islam et la vertu ou la crainte révérencielle d’ALLAH d’un degré plus élevé que l’Imân et la certitude ou Yakîn est d’un échelon meilleur que l’Imân et rien de plus excellent que la certitude n’a été donnée aux fils d’Adam.

3°) L’Imân ou la foi repose sur quatre piliers :

- Se fier à Allah ;

- se réjouir de la Volonté Divine (Prédestination ou le Destin) ;

- se soumettre aux ordres d’Allah ;

- confier toutes ses affaires à Allah.

4°) Accomplir le devoir (les obligations) et s’abstenir de tout ce qui est interdit se nomment l’Imân ou la foi.

L’Imân signifie : attester par la parole, connaître par le coeur et accomplir les actes par les membres de son corps.

5°) Un jour, en parlant du Corân, de sa preuve, de sa grandeur, du miracle de ses versets majestueux, l’Imam Raza(AS) déclara : le Corân est une corde solide d’Allah, un câble incassable et robuste, une voie idéale de Dieu qui conduit vers le Paradis et préserve de l’Enfer, qui ne vieillit pas avec l’écoulement du temps, ses récitations répétées ne diminuent point sa valeur, parce qu’il n’est pas descendu comme révélation pour une époque déterminée, il est, par contre, destiné, avec preuves et arguments irréfutables, à toute personne, l’erreur ne peut circuler ni par l’avant ni par l’arrière, « il » est descendu comme révélation par Allah, Le Savant et L’Exalté.

6°) « Que dites-vous à propos du Corân ? » ai-je demandé à l’Imam Raza (AS), raconte Rehan. « Il est La Parole d’Allah, ne franchissez jamais la limite de ses lois et ne recherchez pas la voie en dehors du Corân, si non vous serez égarés, » me répondit l’Imam.

7°) L’Imamat constitue la Rêne de la Religion, le Code de vie des Musulmans, le bien-être du monde, l’Honneur des Croyants, la Racine de l’Islam qui progresse et sa Branche très élevée. L’admiration frappante de la Prière (le Salat), du Jeûne (le Sawm), du Zakât (l’aumône rituelle), du Pèlerinage (le Hajj), de la Guerre Sainte (le Jihâd) repose sur l’Imam. L’abondance du butin, l’aumône, l’assignation des ordres et sanctions, la protection des frontières et des environs relève aussi de l’Imam.

8°) Intervenir dans les affaires d’un souverain despotique, lui rendre service, s’efforcer de satisfaire ses volontés correspond à l’incroyance. Lui porter volontairement attention, fait partie des Grands Péchés ou Gounahané Kabhira à cause duquel l’homme mérite l’Enfer.

9°) « Qu’Allah répande Sa Miséricorde sur celui qui fait revivre nos affaires! » (Déclara l’Imam). « Comment peut-on faire revivre vos affaires ? » demanda l’interlocuteur. « En s’instruisant de notre science pour l’apprendre aux autres, » répondit Le Successeur du Messager d’Allah.

10°) Tant que le Croyant ne possède pas ces trois vertus, il ne sera pas un véritable homme de foi :

Tous ses actes doivent se porter sur la Sounnah d’Allah, la Sounnah du Saint Prophète et la Sounnah de l’Imam.

- La Sounnah (ou Les Commandements) d’Allah consiste à observer le secret, selon la déclaration divine qui affirme que : (Dieu) seul connaît l’invisible et n’en fait part à nul autre sauf à Son Messager Bien–Aimé (Sourate Les Djinns, Versets 27/28).

- La Sounnah (ou La Pratique) du Saint Prophète réclame le bon comportement avec les gens car Allah a demandé à Son Envoyé de se conduire de façon indulgente et généreuse et d’ordonner ce qui convient (Sourate Al Aaraf, Verset 199).

- La Sounnah (ou La Pratique) de l’Imam exige la patience dans la misère et la souffrance.

11°) Tant qu’un Musulman ne possède pas ces dix caractères, son esprit n’atteindra pas à la perfection :

- les gens espèrent le bien de lui ;

- ils en sont préservés de son mal ;

- il considère énormes les maigres bienfaits des autres ;

- il donne peu de valeur à l’abondance de ses bienfaits ;

- il ne se plaint pas de l’afflux des nécessiteux vers lui ;

- il ne se lasse pas d’acquérir la science toute sa vie ;

- il préfère la misère à la richesse sur le chemin d’Allah ;

- le déshonneur recueilli sur la voie divine est meilleur à ses yeux que l’honneur acquis sur la voie de l’ennemi d’Allah ;

- il admire la modestie à la célébrité ;

Ensuite, l’Imam confia :

« Quelle bonne vertu est le dixième caractère !

- de quoi s’agit-il ? interrogea l’interlocuteur.

- dès qu’il croise quelqu’un, il affirme que : cette personne est meilleure que moi dans la bonté et la vertu, » répondit l’Imam.

12°) Est favorisé celui qui interrogea son âme et est en perdition celui qui s’en détourna ; n’est pas inquiet celui qui craignit Dieu, est illuminé celui qui s’instruisit, est sage celui qui fut illuminé et est savant celui qui devint sage.

13°) « Qui sont les meilleures gens parmi les créatures d’Allah ? » Demanda un individu à l’Imam Raza (AS). « Ceux qui se réjouissent d’accomplir le bien et qui implorent le pardon lorsqu’ils ont commis un mal, qui remercient Allah quand ils reçoivent une faveur, qui se résignent lors d’un malheur et qui pardonnent au moment de la fureur, » répondit l’Imam.

14°) Parmi les Commandements de l’Islam figurent aussi ceux qui suivent :

- S’éloigner des Gros Péchés ou Gounahané Kabhira, comme par exemple : tuer quelqu’un, ce que l’Islam a prohibé ;

- Eviter l’adultère ;

- Ne pas voler ;

- Ne pas boire de l’alcool ;

- Ne pas désobéir à ses parents ;

- S’enfuir du Jihad (la Guerre Sainte) est Haram (illicite) ;

- S’approprier injustement des biens de l’orphelin est Haram ;

- Manger la viande d’un animal mort sans être égorgé est illicite ;

- Boire du sang ;

- Manger la viande du porc est Haram ;

- Manger la viande d’un animal non égorgé suivant le rite musulman, sauf dans les cas autorisés, est illicite ;

- Se nourrir de l’intérêt (gain d’argent, l’usure), en connaissance de cause, est Haram ;

- Manger tout ce qui est illicite ;

- Les jeux de cartes et de dominos, le vol dans les poids et mesures (l’escroquerie), la diffamation injuste d’adultère sur une femme vertueuse, l’homosexualité (et la pédophilie), le faux-témoignage, la désespérance de la miséricorde divine, le mépris du châtiment divin (se sentir en sûreté du châtiment divin), l’aide aux oppresseurs, l’attention portée sur eux, le faux serment, la privation des droits d’autrui sans raison, le mensonge, l’orgueil, la prodigalité, le gaspillage, la déloyauté, le dédain pour le Hajj (le Pèlerinage de La Mecque), la guerre contre les Elus de Dieu, la dissipation de son temps dans les distractions (jeux, musique), la persistance dans les péchés, ces actes sont tous prohibés et font partie des interdictions de l’Islam.

15°) L’infatuation ou l’estime de soi comporte plusieurs niveaux dont l’un consiste à ce que les mauvaises oeuvres d’un individu sont embellies de telle manière que celui-ci les considère correctes,qu’il en est satisfait et qu’il pense avoir fait d’excellents actes. Un autre niveau se rapporte à ce qu’il tient sa foi comme une bienfaisance envers Dieu alors qu’en revanche, il lui est redevable de sa reconnaissance.

16°) Même si Dieu, Le Seigneur de l’Univers, n’avait pas annoncé le Paradis et averti les gens de l’Enfer, il appartient à l’homme, pour les grâces et les bienfaits qu’Il a répandus sur Ses créatures et les dons qu’Il leurs a accordés, sans qu’elles les méritent, d’obéir Allah et de ne pas transgresser Ses lois.

17°) Si on s’interrogeait : pourquoi le jeûne est-il rendu obligatoire ? la réponse serait : pour que les gens puissent sentir la rigueur de la faim et de la soif et comprendre la faim et la soif de l’autre monde, que celui qui jeûne ait la concentration spirituelle dans la sérénité contemplative, qu’il se tienne humble et pauvre devant Dieu et ait droit à la récompense, qu’il mérite les bienfaits et les récompenses pour avoir persévéré, en connaissance de cause, sur la faim et la soif, qu’il puisse, enoutre, dominer ses passions, qu’il prêche d’exemple, qu’il apprenne aux autres à surmonter les difficultés, qu’il soit un bon guide pour les affaires de l’au-delà, qu’il puisse (c’en est aussi une raison) éprouver les peines et misères des pauvres et démunis, afin qu’il fasse donc leur parvenir, en prélevant de sa fortune, les droits qu’Allah y a stipulés.

18°) La Prière en Assemblée ou le Namazé Jamaat est instaurée pour que la sincérité de l’Unicité de Dieu, l’Islam, l’Adoration de Dieu soient accomplis d’une façon ouverte et déclarée, afin que la profession de foi solennelle de l’Islam et de l’Unicité de Dieu aux habitants de l’Orient et de l’Occident soit, pour eux, la preuve tangible de l’Unicité divine, que les hypocrites et tous ceux qui se proclament comme sympathisants de l’Islam, qui attestent l’Islam et se soumettent à ses lois au vu du public soient humiliés, que les gens puissent témoigner, chacun pour l’autre, sa qualité de musulman, d’une manière évidente et légitime et qu’elle soit en même temps le moyen et le concours pour le bien et la vertu, ainsi que l’entrave à de nombreux péchés.

19°) Dieu, Le Créateur de l’Univers, a (dans le Coran), formulé trois commandements en les assimilant aux trois autres :coran_00-300x204 dans Ses paroles de sagesse

- l’ordre de Salât ou de la Prière est donné avec celui du Zakât ou l’aumône rituelle ; en conséquence, la Prière de celui qui l’accomplit sans acquitter le Zakât est rejetée.

- Le précepte de l’action de grâces envers Allah est énoncé en même temps que la reconnaissance aux parents ; qui ne remercie pas ses parents ne peut remercier Dieu.

- La prescription de la vertu est imposée avec celle du maintien de bonnes relations avec sa proche famille parce que celui qui n’est pas bon envers les membres de sa famille ne peut acquérir la vertu divine.

20°) En étant confiant de votre attachement aux Ahloul Bayt (La Sainte Postérité de Mohammad (SAWA)) ne délaissez pas vos efforts et exercices en vue de bonnes oeuvres et de l’adoration.

21°) Attention ! Eloignez-vous de l’avidité et de la jalousie, (car) tous ces deux (caractères) ont fait périr les peuples antérieurs. Et attention aussi ! Evitez l’avarice car c’est une maladie qui n’existe pas chez les Croyants et les gens distingués, elle est à l’antipode de la foi.

22°) Le silence forme l’une des portes de la sagesse ; le silence attire l’affection et constitue la preuve de chaque bienfait.

23°) Rencontrez les amis avec modestie, les ennemis avec vigilance et le commun des mortels avec gentillesse.

24°) Allah déteste les bavardages, les dépenses futiles et les questions oiseuses en nombre.

25°) L’avare ne connaît pas la tranquillité, le jaloux ne perçoit pas le goût de la vie, les souverains ne jouissent pas de la fidélité et les menteurs sont sans dignité.

26°) La philosophie du Salât ou de la Prière réside sur l’attestation de la Seigneurie d’Allah et le refus de toute sorte d’associés à Sa Personne Divine ; et se lever devant Lui, humble et effacé, sincère et avouant ses fautes, se repentant de ses péchés antérieurs et implorant le pardon, est une autre signification du Salât. Elle consiste à se prosterner sur le sol cinq fois quotidiennement à la Gloire de Dieu. La Prière encourage à rappeler Dieu (à psalmodier Ses Noms et Attributs), à s’éloigner de la négligence et de la résistance, à se montrer sincère et véritable devant Lui, à acquérir le plus de bienfaits dans ce monde et dans l’autre, et à y être emporté vivement. En outre, elle enflamme l’homme à célébrer nuit et jour la gloire de Dieu afin que Son serviteur n’oublie pas son Maître, son Seigneur et son Créateur car le fait d’oublier ces choses crée la désobéissance et la contestation en l’homme et le rappel d’Allah (la psalmodie de Ses Noms et Attributs) en se tenant debout devant son Seigneur empêche d’exécuter les péchés et de commettre toute sorte de dispute et d’interdits.

27°) L’avarice discrédite l’homme, l’amour de ce monde suscite la souffrance ainsi que la tromperie et la meilleure comme la plus noble habitude consiste à accomplir le bien, à aider ceux qui sont dans le malheur, à satisfaire ceux qui se trouvent dans le besoin.

28°) Ne tenez pas compagnie de celui qui boit de l’alcool et ne le saluez point.

29°) Dieu, Le Maître de l’Univers, a interdit (rendu Haram) l’alcool parce qu’il est la source de l’anarchie, l’esprit des ivrognes se ruine, il les prépare à nier Dieu, il les mène à accuser injustement Dieu et Ses Prophètes, cet alcool les conduit à commettre d’autres péchés tels : la dispute, le crime, la calomnie d’adultère sur une femme mariée, la débauche ou l’adultère, et à juger insignifiants les interdits. C’est pourquoi, nous avons ordonné que tous les objets enivrants sont illicites et interdits car leur résultat aboutit à celui de l’alcool.

30°) Sept objets, sans les sept autres, sont une sorte de plaisanterie :

- Celui qui implore le pardon par la parole sans se repentir de son coeur se moque de son propre être.

- Celui qui prie Dieu de l’aider mais ne s’efforce pas dans cette voie se gausse avec lui-même.

- Celui qui pense à l’avenir sans l’assurer met en boîte sa propre personne.

- Celui qui sollicite de Dieu le Paradis mais ne se résigne pas dans les malheurs se fait l’objet de ses propres railleries.

- Celui qui demande à Dieu le salut de l’Enfer mais n’abandonne pas ses désirs immodérés de ce bas-monde se tourne en ridicule.

- Celui qui rappelle (psalmodie) Allah mais ne cherche pas à Le rencontrer le plus vite berne lui-même.

(ndt : le 7è objet est échappé dans le livre original)

31°) Maintenez les relations familiales avec les proches parents, même en n’offrant qu’une gorgée d’eau ; et la meilleure des cordialités familiales consiste à en écarter le mal.

32°) Donnez l’aumône, même un tantinet, car le peu que vous offrez avec l’intention de SADKA (l’aumône) est grandiose devant Allah.

33°) Celui qui croise un misérable musulman et lui adresse un salut différent par rapport au salut qu’il rend à un riche rencontrera Allah, le Jour du Jugement, en état de mécontentement.

34°) Les visites accroissent l’amour réciproque.

35°) Celui qui se repent de ses péchés est tel qu’il n’a commis aucun péché.

36°) La propreté et la pureté de l’âme relèvent des caractères des Prophètes.

37°) La meilleure fortune est celle par laquelle on peut sauvegarder son honneur.

38°) « L’arme des Prophètes vous est très indispensable, (déclara l’Imam).invocations1

- Quelle est cette arme ? demanda-t-on.

- C’est l’Invocation ou le Doû’a », répondit l’Imam Raza (AS).

39°) Qu’Allah répande Sa miséricorde sur vous ! Sachez que Dieu a interdit tous les jeux de hasard et a ordonné à tous Ses serviteurs de s’en abstenir. Il les a évoqués dans « le Coran » comme impurs, déclarés malpropres et actes du « maudit » Satan. Eloignez- vous-en, de même du jeu d’échecs et d’autres jeux de hasard, en plus de ceux-ci, qui sont pires que ce jeu sur l’échiquier.

40°) Le meilleur savoir pour l’homme est la connaissance de son âme.

Source : IQNA

( 5 septembre, 2012 )

L’Imâm Rezâ et son rôle dans l’enracinement du chiisme en Iran

 

Source: revue Téhéran de novembre 2011
Khadidjeh Nâderi Beni

Du second siècle de l’Hégire jusqu’à nos jours, le nom du huitième Imâm et celui de la ville de Mashhad, dans le Khorâssân [1] résonnent d’une façon particulière en Iran et dans le cœur de tout chiite. L’Imâm Rezâ, forcé d’accepter le titre d’héritier du calife Ma’moun et de quitter Médine pour le rejoindre en Iran, eut une influence décisive dans les domaines religieux, politique et culturel en Iran. Cet article s’attache à étudier les modalités de la venue de l’Imâm Rezâ en Iran et l’influence qu’il a tout particulièrement exercée sur l’extension sans précédent du chiisme en Iran.

JPEG - 43.2 ko
Carte du désert du Khorâssân à l’époque de Ma’moun

Situation politique et culturelle de l’époque des Abbassides

Sous la dynastie des Omeyyades (entre 661 et 750), les chiites faisaient l’objet de fortes pressions politiques, et leurs âmes et biens étaient continuellement en danger. Cependant, les califes omeyyades eux-mêmes, qui régnaient sur une vaste étendue, furent peu à peu menacés par une série d’événements, notamment par de nombreuses rébellions qui éclatèrent un peu partout dans leur royaume, dont le territoire iranien, qui comptait d’importants bastions chiites. La première fut instiguée par Abou Moslem Khorâssâni, grand défenseur de la cause abbasside (dynastie qui succèdera aux Omeyyades) qui fut envoyé à Marv, capitale du Khorâssân, par les Abbassides en 133 de l’Hégire (750) contre le gouverneur Nasr, qui avait tenté de s’allier à l’insurgé Hadis Ibn Saraï. Reçu avec enthousiasme, il bénéficia également du soutien des chiites. En 134 de l’Hégire (751), Abou Moslem marcha finalement sur Marv accompagné de 10 000 hommes. Il poursuivit Nasr qui s’était enfui et mit en déroute les deux armées que les Omeyyades avaient envoyées contre lui, obligeant le calife Marvân à se réfugier en ةgypte. C’est alors que les Abbassides s’emparèrent du pouvoir. Le chef des Abbassides, Abol ‘Abbas, surnommé Al-Saffâh, fut proclamé calife. Avec l’arrivée au pouvoir des Abbassides, au milieu du deuxième siècle de l’Hégire, les chiites connurent un court répit qui se termina très vite avec une nouvelle vague de répression. Ainsi, les Abbassides adoptèrent rapidement les mêmes méthodes que celles des Omeyyades vis-à-vis des partisans de Ahl al-Bayt, c’est-à-dire de la Famille du Prophète. Le troisième siècle de l’Hégire fut une époque de détente politique où de nombreux textes philosophiques grecs et syriaques furent traduits en arabe. Les gens se mettaient à la philosophie. Les savants chiites profitèrent de cet assouplissement politique pour développer leur enseignement et la défense de l’école des Ahl al-Bayt.

Cependant, l’événement le plus marquant de cette époque demeure la nomination à la succession au califat de l’Imâm Rezâ par le calife abbasside Ma’moun, fils de Hâroun al-Rashid. Cet événement eut des conséquences importantes que nous allons évoquer ici au cours de l’article.

JPEG - 24.4 ko
Carte de l’empire abbasside vers l’an 820

L’arrivée au pouvoir de Ma’moun

Après la mort de Hâroun al-Rashid, son fils Ma’moun entra en conflit avec son frère Amin ; conflit qui se solda par un combat sanglant et l’assassinat d’Amin, à la suite duquel Ma’moun devint calife. Dès lors, la politique du califat abbasside envers les chiites se durcit.

Les décennies précédentes avaient été marquées par les révoltes des partisans de l’Imâm Ali (’alavi) qui se soulevaient, provoquant des guerres et des rebellions mettant le califat en difficulté. Durant cette période, les différents Imâms ne coopérèrent cependant pas avec les instigateurs de rebellions et se tinrent à l’écart de leurs affaires. Les chiites de cette époque, qui formaient une population importante, continuaient de considérer les Imâms comme leurs guides religieux auxquels l’obéissance était due. Ils estimaient au contraire le califat très éloigné de l’autorité sacrée de leurs Imâms, d’autant plus qu’il était assuré par des personnes plus préoccupées par le pouvoir et les plaisirs mondains que par le respect des principes religieux. La persistance d’une telle situation d’instabilité était dangereuse et constituait une sérieuse menace pour le califat.

Ma’moun essaya de trouver une solution efficace pour mettre fin à ces contraintes politiques qui, depuis soixante-dix ans, n’avaient pu être résolues par ses prédécesseurs abbassides. Pour arriver à ses fins, il décida de nommer l’Imâm Rezâ comme son successeur, espérant ainsi surmonter deux difficultés : premièrement, empêcher les partisans des descendants de la Famille du Prophète de se rebeller contre le gouvernement puisqu’ils en feraient eux-mêmes partie, et mettre ainsi fin aux mouvements d’opposition, et deuxièmement, faire perdre aux gens leur croyance spirituelle et leur attachement intérieur aux Imâms. Ceci pourrait selon lui être réalisé en laissant les Imâms se mêler des affaires mondaines et de la politique du califat, qui avait toujours été considérées par les chiites comme mauvaises et impures. De la sorte, leur organisation religieuse s’écroulerait, tout comme la dimension sacrée de leur lutte, et ils ne représenteraient plus un danger pour le pouvoir officiel : ils ne seraient qu’une école parmi les autres. Ces desseins une fois accomplis, l’éloignement de l’Imâm ne présenterait aucune difficulté pour les Abbassides. Cette nomination permettait également à Ma’moun de se rallier les chefs de son armée, en majorité pro-chiites. La présence de l’Imâm Réza au sein du pouvoir permettait également de lui conférer une légitimité sans précédent, arrachant en même temps l’un des piliers de l’opposition chiite, c’est-à-dire la question de l’usurpation du califat.

JPEG - 20.2 ko
Photo ancienne du sanctuaire de l’Imâm Rezâ à Mashhad, date inconnue

Loin de refléter d’hypothétiques sympathies chiites, le projet de Ma’moun ne reflétait qu’une volonté d’instrumentaliser l’Imâm Rezâ dans son propre intérêt – et peut être même de mettre à jour les chiites afin de mieux les reconnaître et de les liquider plus facilement par la suite s’ils venaient à représenter un danger pour son pouvoir. Afin d’exécuter son projet, Ma’moun demanda à l’Imâm Rezâ de venir de Médine à Marv. Lorsqu’il y arriva, Ma’moun lui offrit d’abord le califat puis, devant son refus, lui proposa le titre d’héritier présomptif (wali al-’ahd). L’Imâm Rezâ s’excusa et refusa de nouveau la proposition, mais fut finalement contraint à accepter le principe de la succession – ce qu’il ne cessera de répéter par la suite –, en mettant pour condition de ne se mêler d’aucune affaire gouvernementale, ni de la nomination, ni de la révocation des agents gouvernementaux. Il refusa également de prodiguer tout conseil concernant les affaires de l’Etat. Cet événement eut lieu en l’an 200 de l’Hégire. Cette stratégie de « non ingérence » de l’Imâm était ainsi destinée à lui permettre de ne pas être associé au pouvoir et de conserver une attitude d’opposition à son égard. C’était également un message adressé aux chiites, évoquant l’idée d’un rejet de toute collaboration avec des dirigeants iniques.

Ma’moun ne tarda pas à réaliser qu’il avait commis une erreur car sa décision permit au contraire une propagation sans précédent du chiisme en Iran, un attachement croissant du peuple à l’Imâm et l’augmentation de son audience au sein même de l’armée et des agents gouvernementaux. Il se produisit donc exactement le contraire de ce que Ma’moun escomptait.

Dans un ultime effort de contrer l’Imâm Rezâ et de diminuer son prestige idéologique, Ma’moun organisa des débats durant lesquels les savants les plus brillants des différentes religions et sectes se réunissaient. Il y convia le huitième Imâm qui débattait avec de hautes personnalités juives, chrétiennes, hindoues… et les réduisait au silence devant la puissance de son éloquence et de son argumentation. Plusieurs de ces débats sont enregistrés dans les recueils de hadiths (traditions) chiites. Face à l’ensemble de ces échecs, Ma’moun retourna aux stratégies de ces prédécesseurs et décida finalement de tuer le huitième Imâm en l’empoisonnant.

JPEG - 50.7 ko
Carte du trajet de l’Imâm Rezâ de Médine à Marv

L’Imâm Rezâ et le chiisme auprès des Iraniens

Le voyage de l’Imâm Rezâ de Médine à Marv lui permit tout d’abord de passer par de nombreux villages et villes d’Iran, où sa présence produisit une forte impression sur les populations locales et renforça le courant de sympathie chiite. La réalisation de plusieurs miracles, mais surtout ses paroles touchèrent de nombreuses personnes. En passant par Neyshâbour, lors de son voyage de Médine au Khorâssân, des compilateurs de hadiths du prophète Mohammad vinrent vers l’Imâm Rezâ en lui demandant de leur transmettre une parole de son ancêtre afin de la consigner par écrit. L’Imâm Rezâ leur rapporta alors cette parole du Prophète : « Dieu a dit : La parole « Il n’y a pas de dieu en dehors de Dieu » est Ma forteresse (hisni) ; quiconque entre dans Ma forteresse sera épargné de Mon châtiment’’« . L’Imâm ajouta : « Mais à condition de respecter ses conditions, et je suis l’une de ses conditions« . Lorsque l’Imâm Rezâ rajoute cette condition, il souligne ainsi l’importance de la reconnaissance du principe de wilâyat, c’est-à-dire de l’amour porté aux Imâms et la nécessité de leur porter allégeance ; principe fondamental du chiisme. Ce hadith ne tarda pas à devenir un pilier de l’héritage spirituel du chiisme, et renforça l’importance de la wilâyat dans l’esprit des gens.

Durant sa présence en Iran, à Marv, l’Imâm Réza ne perdit jamais une occasion d’aller à la rencontre des gens et de leur transmettre certains préceptes religieux, paroles qui étaient ensuite compilées et diffusées. En outre, comme nous l’avons évoqué, l’Imâm Rezâ eut un rôle important dans l’affirmation de la prééminence du chiisme grâce à ses controverses avec des chrétiens, des juifs, des sabéens et même des athées. Les arguments décisifs qui y étaient développés par l’Imâm Rezâ et l’audience qu’elles rencontraient eurent un rôle de premier plan dans la propagation du chiisme.

Bien qu’étant demeuré à l’écart de toute décision politique, l’Imâm Rezâ utilisa la tribune unique du califat pour diffuser de nombreux principes du chiisme et élargir son audience. Ma’moun l’autorisa ainsi plusieurs fois à monter à cette tribune pour s’adresser à l’ensemble de la communauté islamique. Son statut officiel lui permettait également d’être consulté par de nombreux savants, gens de la cour ou croyants venant de tout le pays, de diffuser les hadiths du Prophète et des Imâms lui ayant précédé à grande échelle, mais aussi de former des proches partisans et savants dans le domaine des hadiths, l’étude de leurs transmetteurs, le droit (fiqh), le dogme… ce qui eu également un effet décisif dans la consolidation du patrimoine spirituel et intellectuel du chiisme. On lui attribue également de nombreuses paroles traitant de philosophie, de jurisprudence, d’exégèse, d’éthique…

Fort de leur reconnaissance officielle, les partisans de l’Imâm Rezâ multiplièrent leurs activités pour diffuser la pensée chiite dans tout le pays, entraînant un nombre important de conversions. L’Imâm Rezâ atteignit un respect et une vénération sans précédent dans l’ensemble du pays. Il conféra également une assise sociale durable au chiisme en Iran, dont les effets perdurèrent et façonnèrent l’histoire des siècles suivants, en atteignant un point d’orgue lorsque le chiisme devint religion d’Etat sous les Safavides.

JPEG - 64.4 ko
Cour du sanctuaire de l’Imâm Rezâ à Mashhad
Photo : Meysam Dehghâni

Sources :
- Qomi, Sheikh ’Abbas, Montahâ al-Amâl (L’extrémité des souhaits), Téhéran, Enteshârât-e ’elmi.
- Hosseini, Dja’far Mortezâ, Zendegui-e siyâsi-e hashtomin Emâm hazrat-e ’Ali ibn Moussâ al-Rezâ (La Vie politique du huitième Imâm, ’Ali fils de Moussâ al-Rezâ), traduit de l’arabe au persan par Seyyed Mohsen Khaliliân, Téhéran, Bureau de la Culture islamique, 7ème édition, 1373/1994.
- L’Imam ’Alî al-Ridâ (p) – L’Etranger de Tûs, compilation et traduction de Leila Sourani, éditions BAA, 2009.

Notes

[1] Au sujet du mausolée vénéré de l’Imâm Rezâ à Mashhad, lire l’article de Arefeh Hedjâzi « Le mausolée de l’Imâm Rezâ à Mashhad, héritage spirituel et architectural de l’histoire iranienne », La Revue de Téhéran, No. 68, Juillet 2011.

( 29 mai, 2012 )

Sa biographie en bref

Sa biographie en bref dans Qui est l'imam Reza ? Photo-Mashhad-irib

L’Imam Ali al Reza est le fils du septième Imam (Mussâ Ibn Jaffar Al Kazem) et selon des sources sûres, est né le 11 de Dhûl al-Qa’adeh en l’an 148H,  et mourut le 4 du mois de Safar en l’an 203H. Le huitième Imam parvint à l’imamat après la mort de son père, sur Ordre divin et décret de ses prédécesseurs. La période de son imamat coincida avec le califat de Hârun et de ses fils Amin et Ma’mûn. Après la mort de son père , Ma’mûn entra en conflit avec son frère Amin, conflit qui se termina par des guerres sanglantes et par l’assassinat d’Amin, à la suite duquel Ma’mûn devint calife. Jusqu’alors, la politique du califat Abbasside envers les shi’ites était devenue progressivement plus dure et plus cruelle. De temps à autre, un des partisans d’Ali (Alawis), se révoltait, provoquant des guerres et des rebellions qui causèrent de grandes difficultés au califat.

Les Imams shi’ites ne coopéraient pas avec les instigateurs de rebellions et se tenaient à l’écart de leurs affaires. Les shi’ites de cette époque, qui formaient une population importante, continuaient de considérer les Imams comme leurs guides religieux auxquels l’obéissance était due et comme les véritables califes du Prophète. Ils estimaient le califat très éloigné de l’autorité sacrée de leurs Imams, car le califat ressemblait à la cour des rois de Perse et des empereurs romains et était dirigé par des gens plus préoccupés de gouvernement mondain que d’application des principes religieux. La persistance d’une telle situation était dangereuse et constituait une sérieuse menace pour le califat.

Ma’mûn essaya de trouver une nouvelle solution à ces difficultés politiques qui, depuis soixante dix ans n’avaient pu être résolues par ses prédécesseurs Abbassides.

Pour arriver à ses fins, il choisit le huitième Imam comme successeur, espérant ainsi surmonter deux difficultés: premièrement, empêcher les descendants du Prophète de se rebeller contre le gouvernement puisqu’ils en feraient eux-mêmes partie, et deuxièmement faire perdre aux gens leur croyance spirituelle et leur attachement intérieur aux Imams. Ceci se réaliserait en laissant les Imams s’enfoncer dans les affaires mondaines et la politique du califat qui avait toujours été considéré par les shi’ites comme mauvais et impur. De la sorte leur organisation religieuse s’écroulerait et ils ne représenteraient plus un danger pour le califat.

Ces desseins une fois accomplis, l’éloignement de l’Imam ne présenterait aucune difficulté pour les Abbassides. Afin de mettre en action son projet, Ma’mûn demanda à l’Imam de venir de Médine à Marw. Lorsqu’il y arriva, Ma’mûn lui offrit d’abord le califat et ensuite, la succession au califat. L’Imam s’excusa et refusa la proposition, mais il fut finalement conduit à accepter le principe de la succession, à condition qu’il ne se mêlât pas des affaires gouvernementales ni de la nomination et de la révocation des agents gouvernementaux.

Cet événement eut lieu en 201H. Mais Ma’mûn réalisa rapidement qu’il avait commis une erreur, car il y eut une propagation rapide du shi’isme un attachement croissant du peuple à l’Imam et une audience étonnante de l’Imam auprès du peuple et même de l’armée et des agents gouvernementaux.

Ma’mûn chercha un remède à ses difficultés et fit empoisonner l’Imam. Après sa mort, l’Imam fut enterré dans la ville de Tûs en Iran, qui se nomme actuellement Mashaad. Ma’mûn fit preuve d’un grand intérêt pour la traduction des œuvres intellectuelles et scientifiques en arabe. Il organisa des réunions dans lesquelles les savants des différentes religions et sectes se réunissaient et menaient des débats scientifiques et académiques. Le huitième Imam participa également à ces assemblées et se mêla aux discussions avec les savants d’autres religions. Plusieurs de ces débats sont enregistrés dans les collections de hadiths shi’ites.

|